samedi 22 juin 2013

PEACE AND LOVE

Une autre de mes passions est l'écriture.
Voici comment je pense que le symbole Peace and Love est entré dans notre société.






ORIGINE PEACE AND LOVE





Dans le fin fond d’un de nos univers était une planète. La planète Air.
Celle-ci se trouvait au milieu d’un regroupement d’étoiles. Une sorte de voie lactée. On pouvait reconnaître ce globe de par sa couleur blanche particulière. Un blanc lumineux beaucoup plus vif que ses novas sœurs et voisines.
Les étoiles qui se trouvaient au plus proche de cette planète, tourbillonnaient dans un mouvement rapide et continu autour de la ronde couleur neige.
Cette infatigable rotation avait engendré sur la surface du monde Air, des vents incessants. Et, étrangement ou magiquement, la course du vent se faisait toujours dans un même et unique sens. Tel un écrin invisible recouvrant cet astre. Son sable gris qui recouvrait le sol avait été pris depuis des millénaires dans ce souffle continu. Telle une danse entre un cavalier invisible, le vent, ainsi que ses amants, les grains de sable. C’était ce mouvement continuel qui avait donné cette couleur chatoyante à la surface des terres vastes, plates et sèches.​

Le premier matin de la six-cent-soixante-six millième année, une des étoile-satellite s’écrasa sur le sol de la planète. Le choc provoqué par le satellite étoilé creusa un trou dans le corps de la Dames des vents. Un immense cratère long d’une dizaine de kilomètres de diamètre dessinait alors la surface nord de celle-ci. Le souffle venteux, habitué à envelopper son astre dans une même et unique direction, se mit à suivre cette nouvelle course dictée par la roche tombée des cieux. Le vent s’immisçait dans cette pyramide inversée en se parant d’une danse tourbillonnante et rapide pour en ressortir et continuer sa caresse sphérique.
Le matin du second jour, une douce mélodie sur trois notes se fit entendre au fin fond de la cavité. Trois notes qui rapidement épousèrent la danse des rafales pyramidales. Comme une berceuse qui se répétait tendrement, les notes remontaient doucement le long des parois caverneuses, poussées par la force de ce mistral des univers. Arrivées au sommet du cratère, le chant des notes cessait d‘être et le sifflement du vent reprenait sa trajectoire ancestrale autour de la planète.
A l’aube du troisième jour, un humus rougeâtre apparut et se déposa au fin fond de l’entaille provoquée par la comète. En suivant le rythme des notes, la mousse couleur sang combla lentement et presque amoureusement le gigantesque trou.
Ce fut durant les premières heures du septième jour de cette six-cent-soixante-six- millième année que la planète retrouva sa forme originelle. Une parfaite boule protégée par son voile venteux et qui, désormais, abritait en son sol un cercle de terre rouge. C’est en ce même jour que les notes cessèrent leur mélodie réparatrice. Celle-ci fut prise par les vents et forma un nuage dorée. Le seul et unique nuage présent dans le ciel Airien. Le cumulus fut immédiatement marié aux vents.
Chaque six-cent-soixante-sixième jour, le nuage repassait au-dessus des terres rouges qu‘il l’avait vu naître. C’est à ce seul moment aussi qu’il se regorgeait d’humidité et que des minuscules perles remplies d’or en tombaient. Les gouttes magiques arrivaient lentement sur le sol fertile tout en étant accompagnées à nouveau par l’ensorcelante mélodie.
Ainsi tous les ans de temps Airien, la pluie ambrée nourrissait le terrain carmin.
Très lentement, trois longues bandes d’une terre noirâtre surgirent du sol. Elles divisèrent le jardin rouge en trois parties de superficies parfaitement égales. Trois triangles dans un cercle.

L’année qui s’en suivit, le nuage versa à nouveau ses gouttes dorées au dessus du cercle. L’eau, en arrivant sur le sol fertile, forma très lentement deux formes distinctes sur chacune des parcelles. A chaque note humide touchant le sol, un minuscule bout de ses nouveaux contours se dessina. Lorsque la nébulosité dorée cessa de pleuvoir, deux pieds se trouvaient sur chacune des trois parties. Six pieds de tailles et de couleur identiques. Les quelques morceaux de terres rouges poussées par les vents se heurtaient à ses nouvelles formes qui se présentaient sur leurs trajectoires.
L’année d‘après, le ciel ramena à nouveau avec lui son seul et unique voyageur, le nuage doré. Lorsque celui -ci se mit à pleuvoir au dessus de ses origines, des nouvelles parties apparurent. Les mollets naquirent. Les six genoux prirent quant à eux, leurs assises respectives deux années Airiennes après le commencement des pieds. Les hanches furent impatientes de se délecter de l’eau divine quelques mille-deux-cent jours après les genoux.​
Les ventres, les poitrines, les épaules ont été posés en trois années consécutives.
Le temps final du visage était arrivé. Les trois édifices corporels reçurent l’eau magique sur leurs ovales formes.
Le cumulus laissa tomber à nouveau sa sève sur la planète Air.
Tout d’abord, les gouttes se rassemblèrent sur le bas de chacun des visages et, en se posant délicatement, dessinèrent trois bouches fines et parfaites. Le nez arriva ensuite. Puis, le premier homme se vit accorder par les eaux du ciel, des yeux bleus intenses emplis d’éclat verdâtres par endroits. Le second homme pu voir grâce à des yeux noisettes. Ceux-ci, avec le reflet des lumières des étoiles, flirtaient avec des teintes plus sombres. Lorsque la pluie arriva sur le visage du dernier homme, une bourrasque subite bouscula les humides dorées vers le ciel. Surprises, elles ne purent donner la vue au troisième homme et elles disparurent loin, très loin. Le nuage lui aussi cessa de verser et continua son trajet.

Les deux voyants se regardèrent, se sourirent et échangèrent leurs premiers mots.
- Qui es-tu?
-Je ne sais pas, et toi?
L’autre répondit par une négation de le tête.
Leurs yeux se tournèrent ensuite vers le troisième homme qui ne voyait pas.
-Nous entends-tu? demanda l’homme au regard couleur Océan.
- oui, mais je ne vous vois pas, répondit l’aveugle
- Pourquoi n’as-tu pas d’yeux?
-Je ne sais pas, dit-il.

Les deux hommes qui voyaient se rapprochèrent l’un de l’autre. Ils se mirent à genoux, les deux mains sur la poitrine et regardèrent le ciel.
Durant six-cent-soixante-six jours, ils ne cessèrent de scruter les cieux. Demandant aux vents de ramener la vue à leur compagnon aveugle.

L’homme qui ne voyait pas demanda à ses amis ce qu’ils faisaient.
- Nous prions pour toi, mon ami.

L’année d’après, les vents avaient amenés aux oreilles des hommes la venue du nuage couleur Or.
L’homme qui ne voyait pas demanda ce que cela était.
- Nous ne savons pas. Une forme jaune dans le ciel.
-Quelle belle musique dit l’homme à la cécité qui entendait les trois notes en même temps qu'il commençait à ressentir les gouttes sur son visage.

Les voyants criaient au miracle dans une liesse débordante.
Le troisième homme en ressentant cette pluie continue et en entendant la joie de ses amis, fut lui aussi prit dans cette euphorie et cria
- mais qu’Est-ce que c’est ? d'un ton heureux
- Nous ne savons pas, mais c’est beau ! répondirent à l'unisson les deux voyants.

Les gouttes magiques touchèrent de leurs mouillures le sol rougeâtre. Les deux hommes regardaient ce spectacle magique.
Quelques heures plus tard, le nuage doré avait disparu. Sur le sol, on pouvait apercevoir sur chacune des terres des petites pousses violacées qui grandirent avec une rapidité déconcertante.
L’aveugle demanda à ses amis ce qu’il se passait.
L’homme aux yeux océan se rapprocha de l’homme au regard écorce. Il plaça son doigt sur la bouche de ce dernier en mimant un chut avec ses lèvres.
- Ce n’est rien mon ami, rassures toi, juste un peu d’eau. Le nuage s'en est allé maintenant.
Les deux voyants se parlèrent au creux de l’oreille.
Les deux compères ramassèrent de la terre et la mastiquèrent. Et, avec une dextérité inaudible se rapprochèrent de l’homme qui ne voyait pas. Lentement ils érigèrent avec leurs glaises buccales un mur autour de ce dernier.
-Que faites vous mes amis?
-Nous prions pour toi, mon frère.
Soixante-six jours plus tard, l’édifice mortuaire était terminé. Les deux hommes avaient érigé des murs autour du non-voyant.

Les deux hommes ramassèrent les plantations de l’enterré vivant et se partagèrent les récoltes.

L’année d’après les deux hommes aux ventres imposants, entendirent les notes annuelles se poindre. Non sans mal, ils se levèrent et commencèrent à pousser des cris de joie.
Mais la douce mélodie s’était parée de sombres cris de douleurs. Et les notes qui jadis, furent belles de sincérité, hurlaient leurs peines en tombant des cieux. Elles détruisirent la moindre semence vivante. Les hommes connurent ainsi pour la première fois la peur et les larmes. Affamés, leurs cœurs s’arrêtèrent quelques temps plus tard. Ils retournèrent ainsi à la terre.

Lorsque le nuage passe tous les six-cent-soixante-six jours au-dessus de sa naissance, il pouvait toujours apercevoir le cercle rouge et les trois murets découpant ce rond. Toutefois la tombe de l’aveugle faisait parti désormais du paysage. Sa tête posée au regroupement central des trois murets, et son corps coupant parfaitement sa parcelle d’autrefois


Lorsque les Anges volaient au-dessus du rond de terre rouge, ils pouvaient voir le symbole Peace&Love dessiné à jamais.


Le nuage, quant à lui, pleure chaque année sa douce mélodie.




Steeve -c-







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