Une autre de mes passions est l'écriture.
Voici comment je pense que le symbole Peace and Love est entré dans notre société.
ORIGINE PEACE AND LOVE
Dans le fin fond d’un de nos univers était
une planète. La planète Air.
Celle-ci se trouvait au milieu d’un
regroupement d’étoiles. Une sorte de voie lactée. On pouvait
reconnaître ce globe de par sa couleur blanche particulière. Un
blanc lumineux beaucoup plus vif que ses novas sœurs et
voisines.
Les étoiles qui se trouvaient au plus proche de cette
planète, tourbillonnaient dans un mouvement rapide et continu autour
de la ronde couleur neige.
Cette infatigable rotation avait
engendré sur la surface du monde Air, des vents incessants. Et,
étrangement ou magiquement, la course du vent se faisait toujours
dans un même et unique sens. Tel un écrin invisible recouvrant cet
astre. Son sable gris qui recouvrait le sol avait été pris depuis
des millénaires dans ce souffle continu. Telle une danse entre un
cavalier invisible, le vent, ainsi que ses amants, les grains de
sable. C’était ce mouvement continuel qui avait donné cette
couleur chatoyante à la surface des terres vastes, plates et
sèches.
Le premier matin de la six-cent-soixante-six
millième année, une des étoile-satellite s’écrasa sur le sol de
la planète. Le choc provoqué par le satellite étoilé creusa un
trou dans le corps de la Dames des vents. Un immense cratère long
d’une dizaine de kilomètres de diamètre dessinait alors la
surface nord de celle-ci. Le souffle venteux, habitué à envelopper
son astre dans une même et unique direction, se mit à suivre cette
nouvelle course dictée par la roche tombée des cieux. Le vent
s’immisçait dans cette pyramide inversée en se parant d’une
danse tourbillonnante et rapide pour en ressortir et continuer sa
caresse sphérique.
Le matin du second jour, une douce mélodie
sur trois notes se fit entendre au fin fond de la cavité. Trois
notes qui rapidement épousèrent la danse des rafales pyramidales.
Comme une berceuse qui se répétait tendrement, les notes
remontaient doucement le long des parois caverneuses, poussées par
la force de ce mistral des univers. Arrivées au sommet du cratère,
le chant des notes cessait d‘être et le sifflement du vent
reprenait sa trajectoire ancestrale autour de la planète.
A
l’aube du troisième jour, un humus rougeâtre apparut et se déposa
au fin fond de l’entaille provoquée par la comète. En suivant le
rythme des notes, la mousse couleur sang combla lentement et presque
amoureusement le gigantesque trou.
Ce fut durant les premières
heures du septième jour de cette six-cent-soixante-six- millième
année que la planète retrouva sa forme originelle. Une parfaite
boule protégée par son voile venteux et qui, désormais, abritait
en son sol un cercle de terre rouge. C’est en ce même jour que les
notes cessèrent leur mélodie réparatrice. Celle-ci fut prise par
les vents et forma un nuage dorée. Le seul et unique nuage présent
dans le ciel Airien. Le cumulus fut immédiatement marié aux
vents.
Chaque six-cent-soixante-sixième jour, le nuage repassait
au-dessus des terres rouges qu‘il l’avait vu naître. C’est à
ce seul moment aussi qu’il se regorgeait d’humidité et que des
minuscules perles remplies d’or en tombaient. Les gouttes magiques
arrivaient lentement sur le sol fertile tout en étant accompagnées
à nouveau par l’ensorcelante mélodie.
Ainsi tous les ans de
temps Airien, la pluie ambrée nourrissait le terrain carmin.
Très
lentement, trois longues bandes d’une terre noirâtre surgirent du
sol. Elles divisèrent le jardin rouge en trois parties de
superficies parfaitement égales. Trois triangles dans un
cercle.
L’année qui s’en suivit, le nuage versa à
nouveau ses gouttes dorées au dessus du cercle. L’eau, en arrivant
sur le sol fertile, forma très lentement deux formes distinctes sur
chacune des parcelles. A chaque note humide touchant le sol, un
minuscule bout de ses nouveaux contours se dessina. Lorsque la
nébulosité dorée cessa de pleuvoir, deux pieds se trouvaient sur
chacune des trois parties. Six pieds de tailles et de couleur
identiques. Les quelques morceaux de terres rouges poussées par les
vents se heurtaient à ses nouvelles formes qui se présentaient sur
leurs trajectoires.
L’année d‘après, le ciel ramena à
nouveau avec lui son seul et unique voyageur, le nuage doré. Lorsque
celui -ci se mit à pleuvoir au dessus de ses origines, des nouvelles
parties apparurent. Les mollets naquirent. Les six genoux prirent
quant à eux, leurs assises respectives deux années Airiennes après
le commencement des pieds. Les hanches furent impatientes de se
délecter de l’eau divine quelques mille-deux-cent jours après les
genoux.
Les ventres, les poitrines, les épaules ont été
posés en trois années consécutives.
Le temps final du visage
était arrivé. Les trois édifices corporels reçurent l’eau
magique sur leurs ovales formes.
Le cumulus laissa tomber à
nouveau sa sève sur la planète Air.
Tout d’abord, les gouttes
se rassemblèrent sur le bas de chacun des visages et, en se posant
délicatement, dessinèrent trois bouches fines et parfaites. Le nez
arriva ensuite. Puis, le premier homme se vit accorder par les eaux
du ciel, des yeux bleus intenses emplis d’éclat verdâtres par
endroits. Le second homme pu voir grâce à des yeux noisettes.
Ceux-ci, avec le reflet des lumières des étoiles, flirtaient avec
des teintes plus sombres. Lorsque la pluie arriva sur le visage du
dernier homme, une bourrasque subite bouscula les humides dorées
vers le ciel. Surprises, elles ne purent donner la vue au troisième
homme et elles disparurent loin, très loin. Le nuage lui aussi cessa
de verser et continua son trajet.
Les deux voyants se
regardèrent, se sourirent et échangèrent leurs premiers mots.
-
Qui es-tu?
-Je ne sais pas, et toi?
L’autre répondit par une
négation de le tête.
Leurs yeux se tournèrent ensuite vers le
troisième homme qui ne voyait pas.
-Nous entends-tu? demanda
l’homme au regard couleur Océan.
- oui, mais je ne vous vois
pas, répondit l’aveugle
- Pourquoi n’as-tu pas d’yeux?
-Je
ne sais pas, dit-il.
Les deux hommes qui voyaient se
rapprochèrent l’un de l’autre. Ils se mirent à genoux, les deux
mains sur la poitrine et regardèrent le ciel.
Durant
six-cent-soixante-six jours, ils ne cessèrent de scruter les cieux.
Demandant aux vents de ramener la vue à leur compagnon
aveugle.
L’homme qui ne voyait pas demanda à ses amis ce
qu’ils faisaient.
- Nous prions pour toi, mon ami.
L’année
d’après, les vents avaient amenés aux oreilles des hommes la
venue du nuage couleur Or.
L’homme qui ne voyait pas demanda ce
que cela était.
- Nous ne savons pas. Une forme jaune dans le
ciel.
-Quelle belle musique dit l’homme à la cécité qui
entendait les trois notes en même temps qu'il commençait à
ressentir les gouttes sur son visage.
Les voyants criaient au
miracle dans une liesse débordante.
Le troisième homme en
ressentant cette pluie continue et en entendant la joie de ses amis,
fut lui aussi prit dans cette euphorie et cria
- mais qu’Est-ce
que c’est ? d'un ton heureux
- Nous ne savons pas, mais c’est
beau ! répondirent à l'unisson les deux voyants.
Les gouttes
magiques touchèrent de leurs mouillures le sol rougeâtre. Les deux
hommes regardaient ce spectacle magique.
Quelques heures plus
tard, le nuage doré avait disparu. Sur le sol, on pouvait apercevoir
sur chacune des terres des petites pousses violacées qui grandirent
avec une rapidité déconcertante.
L’aveugle demanda à ses amis
ce qu’il se passait.
L’homme aux yeux océan se rapprocha de
l’homme au regard écorce. Il plaça son doigt sur la bouche de ce
dernier en mimant un chut avec ses lèvres.
- Ce n’est
rien mon ami, rassures toi, juste un peu d’eau. Le nuage s'en est
allé maintenant.
Les deux voyants se parlèrent au creux de
l’oreille.
Les deux compères ramassèrent de la terre et la
mastiquèrent. Et, avec une dextérité inaudible se rapprochèrent
de l’homme qui ne voyait pas. Lentement ils érigèrent avec leurs
glaises buccales un mur autour de ce dernier.
-Que faites vous mes
amis?
-Nous prions pour toi, mon frère.
Soixante-six jours
plus tard, l’édifice mortuaire était terminé. Les deux hommes
avaient érigé des murs autour du non-voyant.
Les deux hommes
ramassèrent les plantations de l’enterré vivant et se partagèrent
les récoltes.
L’année d’après les deux hommes aux
ventres imposants, entendirent les notes annuelles se poindre. Non
sans mal, ils se levèrent et commencèrent à pousser des cris de
joie.
Mais la douce mélodie s’était parée de sombres cris de
douleurs. Et les notes qui jadis, furent belles de sincérité,
hurlaient leurs peines en tombant des cieux. Elles détruisirent la
moindre semence vivante. Les hommes connurent ainsi pour la première
fois la peur et les larmes. Affamés, leurs cœurs s’arrêtèrent
quelques temps plus tard. Ils retournèrent ainsi à la
terre.
Lorsque le nuage passe tous les six-cent-soixante-six
jours au-dessus de sa naissance, il pouvait toujours apercevoir le
cercle rouge et les trois murets découpant ce rond. Toutefois la
tombe de l’aveugle faisait parti désormais du paysage. Sa tête
posée au regroupement central des trois murets, et son corps coupant
parfaitement sa parcelle d’autrefois
Lorsque les Anges volaient au-dessus du rond
de terre rouge, ils pouvaient voir le symbole Peace&Love dessiné
à jamais.
Le nuage, quant à lui, pleure chaque année sa
douce mélodie.
Steeve -c-

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